Le réel fantastique
L'art moderne belge d'Ensor à Magritte

Événement
Exposition
Date
15 octobre 2021 jusqu'à 06 March 2022

Le KMSKA possède l'une des plus importantes collections d'art moderne de Belgique. Le Réel Fantastique, nouvelle exposition du KMSKA, réunit 133 chefs-d'œuvre d’art moderne de la période 1860-1960 sélectionnés avec le plus grand soin par Herwig Todts, chercheur au KMSKA.

Certaines parties de la collection d'art moderne ont ces dernières années fait le tour du monde. Pour la dernière fois, avant de rouvrir en septembre 2022, nous présentons notre collection hors les murs. Pour cette vaste rétrospective de l'art moderne belge, nous avons trouvé en la Kunsthalle München un partenaire rêvé. Et rêver, c'est exactement ce en quoi cette exposition s’engage. Peintures, œuvres graphiques, sculptures, chaque œuvre se situe à la lisière entre fantaisie et réalité.

Une des caractéristiques de l'art belge, c’est cette volonté de vouloir mêler le réel et l’imaginaire. Les apparences sont trompeuses. Derrière la réalité banale de la vie quotidienne se cachent des mystères que de nombreux artistes aspirent à explorer. En 1887, l'écrivain bruxellois Edmond Picard va jusqu’à inventer la notion de fantastiquement réel pour désigner l'art de son époque. La quête du réel fantastique, voilà le trait d'union entre ces artistes aux styles différents.

Photo: Kunsthalle München, Stefan Heigl
Photo: Kunsthalle München, Stefan Heigl

L'exposition

De la gloire à l'intimité

Le coup d'envoi sera donné par Henri Leys. Ses œuvres apparaissent souvent comme des instantanés hyperréalistes des grands moments du XVIe siècle, comme s'il avait assisté à la scène en personne : le réel fantastique à son comble. 

Henry Van de Velde et Theo Van Rysselberghe savent de façon magistrale combiner tendances actuelles et traditions régionales. Utilisant la technique pointilliste de Georges Seurat, ils donneront notamment un nouveau souffle au portrait.

Les symbolistes se plongent davantage dans l’intimité. À la fin du XIXe siècle, la Belgique était la cinquième nation industrielle du monde, avec, pour conséquences, des abus sociaux. Fernand Khnopff et Léon Spilliaert préfèrent se retirer du monde en se penchant sur la question comment l'âme peut-elle s’accommoder à cet étrange monde extérieur façonné par le progrès.

Henri Leys, De mis is uit, KMSKA
'La sortie de la messe', Henri Leys (1866), montre une scène réaliste du 16ème siècle.

Théâtre et couleur

James Ensor ouvre une nouvelle voie. Après ses premières scènes d'intérieur, il va décortiquer la véritable nature humaine. Il remplace ses modèles par des masques et des squelettes qui offrent un éventail de personnalités les plus étranges : un monde tel un théâtre fantastique.

Rik Wouters eut comme référence Ensor, mais son style est plus proche de celui d'Henri Matisse. Dans ses scènes de la vie quotidienne et ses intérieurs, il met l’accent sur l’harmonie au sein du foyer. Ce sont des moments fugaces, construits à partir de plans brisés dans des teintes quasi luminescentes.

Querelle et harmonie en couleur chez James Ensor et Rik Wouters.

Spiritualité et pauvreté

À partir de 1898, les artistes choisissent le village de Laethem-Saint-Martin, à deux pas de Gand, comme le lieu idéal pour se retirer. C’est là dans la colonie d'artistes qu’ils peuvent donner libre cours à leur désir d'authenticité et de spiritualité. La première génération d’artistes cherche leur inspiration chez les Primitifs flamands tels que Van Eyck et Memling pour leurs œuvres religieuses. Cette période sera de courte durée. La deuxième vague avec Gustave De Smet, Frits Van den Berghe et Constant Permeke opte pour des formes simplifiées, la représentation de gens ordinaires et des couleurs sombres. L'expressionnisme est né.

Comme les expressionnistes de Laethem qui mettent en avant la question sociale, Contantin Meunier s’attachera lui aussi à représenter les moins favorisés. Outre les paysans, Il donne un visage aux mineurs et dockers.

Une poissonnière de Permeke et une aciérie de Meunier : de l’art socialement engagé.

Futur et surréalisme

Bien que plus tournés vers l'avenir, les artistes abstraits de la Première Guerre mondiale poursuivent eux-aussi des objectifs sociaux et s’interrogent : comment vivre dans cette nouvelle société ? Afin d’y répondre, Jules Schmalzigaug se tournera vers le futurisme italien, Marthe Donas vers le cubisme français.

C’est par le surréalisme de Paul Joostens, Paul Delvaux et René Magritte que l’exposition Le Réel Fantastique se clôt. Une fois de plus, les limites entre le monde visible et invisible, rempli de rêves et de fantasmes, seront explorées. Pour cela, ils expérimentent de nouvelles techniques telles que le collage. Dans la sur-réalité, toutes les frontières s’effacent.

Deux tableaux récemment restaurés : tourbillons chez Jules Schmalzigaug et mystère nocturne chez Paul Delvaux.

Informations pratiques

Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung
Theatinerstraße 8 | 80333 München
T +49 (0)89 / 22 44 12 | kontakt@kunsthalle-muc.de
www.kunsthalle-muc.de

Heures d 'ouverture
Tous les jours : 10h – 20h
20.10.2021, 17.11.2021, 19.1.2022 et 16.02.2022 : 10h – 22h
24.12.2021 : fermé
31.12.2021 : 10h00 – 17h00
1.3.2022 : 10h00 – 18h00