La chute de la citadelle d’Albe. Image et mémoire dans la tourmente

Date:

6 février 2026 au 17 mai 2026
Le KMSKA possède une peinture représentant la démolition de la citadelle d’Anvers en 1577. À première vue, il s’agit d’une scène urbaine animée et pleine d’activité. Mais en y regardant de plus près, on découvre une histoire aux multiples strates – sur le pouvoir, la manipulation et la charlatanerie. Une histoire qui révèle comment les images façonnent notre regard sur le passé.

Au sud d’Anvers se dressait pendant des siècles une imposante citadelle. Elle fut construite au XVIe siècle sur ordre du duc d’Albe et occupée par des soldats du roi d’Espagne. Ils maintenaient la ville sous contrôle durant la guerre de Quatre-Vingts Ans, lorsque les Pays-Bas tentaient de se libérer de l’empire hispano-habsbourgeois.

En été 1577, les habitants d’Anvers prirent le contrôle de la citadelle et en démolirent une partie. Une grande victoire pour les insurgés, un affront pour les partisans de l’Espagne. Certains décrivirent l’événement comme une fête de libération, d’autres comme une explosion chaotique d’un peuple trompé par des nobles ambitieux – Guillaume d’Orange en tête.

Cette dernière interprétation se retrouve dans une peinture réalisée vers 1620 dans l’entourage de Sebastiaan Vrancx. À cette époque, Anvers était de nouveau sous domination espagnole et la citadelle reconstruite. Restaurée récemment par le KMSKA, l’œuvre s’avère être une version remaniée d’une composition plus ancienne qui célébrait la démolition. Mais dans cette version ultérieure, on a ajouté des enfants qui se battent et un charlatan trompeur. Des détails subtils mais éloquents qui en modifient le message.

Derrière le charlatan pendent des objets intrigants : des calculs vésicaux, vestiges d’un mal douloureux. Ils étaient autrefois retirés par une opération risquée, puis conservés et montrés comme preuves tangibles de guérison. Ici, leur sens devient ambigu : symbolisent-ils la purification ou l’illusion de la guérison ?

L’exposition consacrée à cette peinture explore comment la citadelle – construite, détruite puis reconstruite – fut un symbole de lutte et de pouvoir, et comment l’art servit à en raconter l’histoire. Peintures, estampes, plaques : chaque image porte un point de vue, un message, une vérité.

Que retenons-nous, et que préférons-nous oublier ? Et qui décide de ce que nous voyons ? Cette exposition montre comment l’histoire n’est pas seulement écrite, mais aussi peinte.

Infos pratiques

  • Dans le cabinet des estampes, au troisième étage.
  • L’exposition est incluse dans le billet d’entrée du musée. Il n’est pas nécessaire de réserver un créneau horaire séparé pour cette exposition.en apart tijdslot voor deze expo te reserveren.

Plongez plus profondément dans l’exposition

Rubens

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