Le KMSKA présente Philip Aguirre y Otegui

Un refuge pour l'art et l'âme

Du 3 octobre 2026 au 17 janvier 2027, le Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers (KMSKA) présente la plus vaste rétrospective jamais consacrée à Philip Aguirre y Otegui. À travers des sculptures monumentales et de petit format, des dessins et des estampes, l'exposition retrace plus de quarante années de création, des années 1980 à nos jours. Elle invite les visiteurs à pénétrer dans l'univers de l'artiste, où la beauté classique dialogue avec la réalité complexe du monde contemporain.

Les sculptures raffinées et les dessins d'une grande force de Philip Aguirre témoignent d'une profonde foi en l'être humain et constituent un plaidoyer en faveur de la dignité, de la vulnérabilité et des liens humains. Cette attention portée à la condition humaine trouve notamment son origine dans son histoire familiale : son père s'est réfugié en Belgique après avoir fui le Pays basque pendant la guerre civile espagnole. Le regard aigu qu'Aguirre porte sur le monde constitue le fil conducteur d'un parcours remarquable, qui connaît cette année un temps fort avec une présentation à la Biennale de Venise et une exposition personnelle au KMSKA.

L'art ne sauvera pas le monde, mais il peut émouvoir un être humain, le faire réfléchir ou simplement le rendre heureux.
Philip Aguirre y Otegui

Observateur attentif de l'être humain et de la société, Aguirre inscrit son œuvre dans le sillage d'artistes tels que Bruegel, Goya, Rodin ou encore Ossip Zadkine. À l'instar de ce dernier, qui cherchait la place de l'homme dans un monde en mutation, Aguirre ouvre un espace de réflexion sur les questions contemporaines, sans jamais adopter de position explicitement politique.

La vision de Philip Aguirre y Otegui est en parfaite résonance avec la mission du KMSKA : faire du musée un lieu où les visiteurs peuvent trouver de l'espoir et des liens humains, et se laisser toucher par la force et la beauté de l'art. Dans un monde marqué par la profusion de stimuli et l'incertitude, cette exposition offre un moment de calme et invite chacun à porter un regard ouvert sur le monde.
Carmen Willems, directrice générale du KMSKA vzw

Entre beauté et réalité

Philip Aguirre y Otegui transforme le musée en une sorte de refuge. De là, l'artiste explore la tension entre « l'intérieur » et « l'extérieur », entre le monde familier et le vaste monde extérieur en proie aux turbulences.

Comment concilier notre aspiration à un paradis intime avec un monde en dérive ? C'est cette quête d'équilibre qu'Aguirre évoque dans ses œuvres. En concevant le parcours comme une expérience immersive, il invite le visiteur à s'immerger dans un récit continu sur la condition humaine.
Annelien De Troij, commissaire de l'exposition Philip Aguirre y Otegui

L'attachement d'Aguirre à son métier transparaît dans son recours à des matériaux aussi divers que le plâtre, le bronze, le bois, la terre cuite et le papier. Il y fait dialoguer des motifs classiques de manière inattendue. Sous ses mains, un majestueux arc de triomphe se transforme en une forme de poésie d'une grande fragilité, tandis que la cariatide classique ne soutient plus un édifice, mais ploie sous le poids d'un être humain blessé.

Bien qu'Aguirre soit constamment en quête de beauté et de poésie, la réalité n'est jamais absente. À travers des contrastes saisissants, l'artiste met puissamment en lumière des thèmes universels tels que la migration, les inégalités et les conflits.

L'art dans l'espace public

L'exposition met aussi en évidence l'empreinte d'Aguirre au-delà des murs du musée. Dans l'espace public, il redonne une voix aux personnes oubliées et fait émerger des histoires tombées dans l'oubli. Ainsi, Le Matrasdrager représente une figure d'inspiration classique portant un simple matelas sur sa tête. En faisant dialoguer une iconographie classique et une imagerie contemporaine, Aguirre forge un langage singulier qui donne une expression poétique aux injustices de son temps. 

L'eau constitue également un motif récurrent de son œuvre. Un exemple marquant est Théâtre Source (2013), une fontaine fonctionnelle et lieu de rencontre architectural conçu par Aguirre dans un bidonville de Douala, au Cameroun. Ce projet reflète la profonde conviction de l'artiste que l'art a une véritable portée sociale, loin des logiques du marché de l'art.

Un moment exceptionnel

Réunissant plus d'une centaine d'œuvres, Philip Aguirre y Otegui est la plus vaste rétrospective jamais consacrée à l'artiste. Des œuvres majeures couvrant l'ensemble de sa carrière y côtoient des créations inédites issues de son atelier, d'importants prêts provenant de collections publiques et privées, ainsi que des sculptures récentes également présentées à la Biennale de Venise.

En tant qu'Anversois, Philip Aguirre y Otegui s'inscrit dans une riche tradition artistique qui trouve un écho bien au-delà de nos frontières. Son œuvre raconte des histoires universelles sur l'humanité et le monde dans lequel nous vivons. Le KMSKA a à cœur de partager ce puissant langage visuel avec un large public et de montrer à quel point son œuvre demeure pertinente aujourd'hui.
Luk Lemmens, président du KMSKA vzw
Rubens

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