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Ainsi résonne le familier: Les rideaux rouges de Wouters au KMSKA

Pour la première fois depuis son acquisition par le Gouvernement flamande en 2025, l’œuvre Les rideaux rouges de Rik Wouters est présentée dans les salles du KMSKA. Elle s’inscrit dans le cadre de l’exposition Un rouge qui chante. Chefs-d’œuvre d’Ensor, Wouters et Schmalzigaug, une exposition où les rouges vermillon, les jaunes éclatants et les bleus intenses de ces trois coloristes belges donnent le ton — au sens propre comme au figuré. Les Rideaux rouges de Wouters constituent un exemple fascinant de son exploration de la couleur rouge. Mais ce n’est pas la seule raison qui rend cette œuvre si remarquable.

L’essence de Wouters

Ce qui frappe d’emblée, ce sont les couleurs vives caractéristiques et l’atmosphère intime et chaleureuse. Au centre du tableau peint en 1913 se tient Nel, l’épouse et muse de toujours de Wouters, représentée en pied dans sa célèbre robe rayée rouge et blanc. Elle se trouve dans leur maison de Bosvoorde; derrière elle, une fenêtre ouverte dévoile un paysage estival.

Nel se tient sur le carrelage, encadrée de part et d’autre par les longs rideaux rouges qui donnent leur titre au tableau. Ce sont précisément ces éléments qui font des Rideaux rouges l’une des œuvres majeures de Wouters: par ses couleurs intenses et son décor familier, le tableau résume à la fois sa vie et son art. Il montre combien, pour l’artiste, l’extraordinaire se niche dans le quotidien. Et c’est là que l’œuvre puise sa force. 

L'acquisition d'une œuvre majeure

Depuis 2007, Les rideaux rouges figure sur la liste flamande des œuvres majeures, devenant ainsi la huitième œuvre de Rik Wouters à bénéficier de ce statut. L'année dernière, en 2025, le gouvernement flamand a finalement fait l'acquisition du tableau. Depuis lors, il fait partie de la Collection de la Communauté flamande. Cet achat vient non seulement enrichir la collection consacrée au peintre malinois au KMSKA et dans d’autres musées, comme le Musée Hof van Busleyden, mais constitue également une belle occasion de poursuivre les recherches sur sa technique et sa vie. 

Une mélodie rouge

Dans l’exposition Un rouge qui chante, où l’œuvre est exposée depuis peu, les couleurs racontent une histoire encore plus complexe. À partir du XIXe siècle, des artistes coloristes tels qu’Ensor se sont mis à utiliser des pigments vifs en réaction à la palette douce des impressionnistes. Très vite, ce style a été associé à la synesthésie, c'est-à-dire au concept neurologique selon lequel les couleurs peuvent aussi stimuler l'ouïe et produire des sons.

C'est également le cas de Wouters, dont l'utilisation saisissante de la couleur révèle les sons de la vie quotidienne. Des oiseaux qui chantent dehors au tintement à l'intérieur des casseroles, des poêles et des rideaux qui s'ouvrent. Telle était la musique à ses oreilles. Ou comme l'a formulé son contemporain et historien de l'art Paul Buschmann en 1920 : « Les couleurs éclatent et jaillissent, les formes ondulent et vacillent, les taches de lumière dansent et se fondent dans une splendeur éblouissante. Contemplez la fougue de ces rideaux rouges, provocants comme l’étendard d’un torero, se détachant sur le décor mosaïqué de l’intérieur et ouvrant sur un jardin baigné de soleil. »

Envie de le voir — et de l’entendre — par vous-même ?
L’exposition Un rouge qui chante. Chefs-d’œuvre d’Ensor, Wouters et Schmalzigaug se tient jusqu’au 30 août 2026. Réservez vos billets ici

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