Ensor pendant ses années d’études à l’Académie : le projet de recherche Ensor révèle de nouvelles découvertes

La prestigieuse revue npj Heritage Science a publié un nouvel article de recherche d’Annelies Ríos-Casier. Dans le cadre de sa thèse de doctorat, elle collabore étroitement avec l’Ensor Research Project du KMSKA. Ce projet explore le processus créatif d’Ensor en croisant les analyses techniques des matériaux et les approches de l’histoire de l’art.
Grâce à cette approche interdisciplinaire, le musée devient progressivement un centre d’expertise de référence consacré à l’artiste moderniste. En étudiant de près l’œuvre de James Ensor Étude de figure: Homme à la barbe (1878), la chercheuse a récemment fait une découverte remarquable.
Une révélation exceptionnelle





Au cours de l’étude, deux minuscules échantillons de peinture ont été examinés à l’aide d’un microscope de pointe. Cette analyse a permis aux chercheurs d’étudier les différentes couches picturales une à une et de reconstituer l’histoire de la création du tableau. Elle a révélé qu’Ensor recouvrait souvent ses compositions antérieures d’une couche de peinture blanche avant de recommencer à peindre. Dans Homme à la barbe, le visage d’une étude de figure antérieure reste ainsi perceptible sous la surface picturale. Comme Ensor a tourné la toile pour créer sa nouvelle composition, ce visage apparaît aujourd’hui à l’envers.
Un lien avec le KMSKA
Bien que Homme à la barbe fasse aujourd’hui partie de la collection du Mu.ZEE, l’œuvre présente également un lien remarquable avec le KMSKA. Le vieil homme représenté dans cette étude s’inspire en effet du même modèle que la figure qu’Ensor a recouverte dans Nature morte aux chinoiseries (1880), une œuvre de la collection du KMSKA.
Des recherches antérieures menées dans le cadre de l’Ensor Research Project ont révélé que, sous la couche picturale de Nature morte aux chinoiseries, se cache une étude de figure représentant un homme barbu. Celui-ci est debout, le torse nu, vêtu d’un pagne, le visage et le corps tournés vers la droite. L’étude a également montré qu’Ensor avait d’abord peint le visage de face, avant de le modifier pour adopter une vue de trois quarts. Cette évolution témoigne de ses expérimentations au cours du processus de création: il ne déterminait pas toujours à l’avance l’apparence finale de ses compositions.
Lorsqu’Ensor a finalement recouvert cette figure par la nature morte, il n’a pas appliqué de couche intermédiaire blanche. Certaines parties de la représentation originale sont donc encore visibles aujourd’hui. Pour qui sait où regarder, le front, le nez et une partie de la barbe du vieil homme apparaissent encore sous la surface picturale.
À la découverte de l’histoire d’Ensor
Chaque artiste commence son parcours quelque part, souvent par une formation ou un apprentissage. Ce fut également le cas d’Ensor, qui se forma au métier d’artiste à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. L’étude consacrée au Homme à la barbe revient également sur les années de formation de l’artiste à l’Académie. Elle s’intéresse à son usage des matériaux et à ses techniques picturales, tout en cherchant à comprendre pourquoi il réutilisait certaines toiles. Était-ce par nécessité financière? Nous savons aussi qu’Ensor n’hésitait parfois pas à repeindre des œuvres d’autres artistes. Est-ce également le cas ici, et les figures sous-jacentes sont-elles bien de sa main?
Ce ne sont là que quelques-unes des questions explorées plus en profondeur dans cet article de recherche. Envie d’en savoir plus? Découvrez l’article ici. Je vindt het artikel hier.



