Le projet Isomo d’Iris Bouche

Danse inclusive
Bouche entretient une longue relation avec la danse. Pour sa formation, elle a quitté Anvers pour Lausanne puis New York, avant de travailler plus tard comme danseuse professionnelle en Flandre. En 2011, elle a échangé sa place sur scène pour une juste à côté. En tant que chorégraphe et professeure de danse, Iris se concentre désormais sur la danse inclusive. Elle travaille avec des danseurs professionnels et non professionnels, jeunes ou âgés, avec ou sans handicap physique. Ce dernier aspect a évolué, passant de la gestion des blessures et de la rééducation à l’approche du handicap physique comme choix artistique.
Il est fascinant de voir comment les danseurs non professionnels et les danseurs avec un handicap physique abordent le mouvement. Cela crée une forme de fragilité et d’authenticité.

Danseurs Hernán Mancebo, Saïd Gharbi, Anya Senognoeva et Lilli Proesmans
La danse, c’est comme la peinture
Pour la chorégraphe, il s’agit d’un défi unique d’introduire son médium familier, la danse, dans un nouveau monde. Cette fois-ci, le monde des arts visuels et du KMSKA. « Pour moi, en tant que danseuse, il y a beaucoup de mouvement dans les choses du quotidien. Lorsqu’on les structure d’une certaine manière, on obtient une chorégraphie. On peut également regarder un tableau de la même façon. D’un point de vue analytique, un tableau se compose uniquement de formes, de lignes et de couleurs, mais c’est la manière dont elles sont assemblées qui, comme dans une chorégraphie, crée des émotions. »
Non seulement les arts visuels, mais aussi le visiteur du KMSKA ont constitué une source d’inspiration importante pour le projet Isomo. Pour son projet, Iris a en effet exploré la manière dont le visiteur regarderait, se déplacerait et expérimenterait le musée rénové.
Collaboration avec le KMSKA
Pour Bouche, la collaboration avec le KMSKA consiste à oser et pouvoir remettre les choses en question : « En tant qu’artiste, vous êtes entraîné à regarder quelque chose de différentes manières. Cela suscite des émotions, déclenche quelque chose. Vous voulez donc aussi inciter votre spectateur à regarder autrement. C’est ainsi qu’un dialogue naît. »

Isomopolis de George Smits
Contrastes
Depuis plusieurs années, Iris accompagne le projet de réouverture du KMSKA et a été témoin de l’évolution unique, de la construction brute au résultat actuel. Un processus très inspirant, comme elle le constate : « La partie historique et la nouvelle partie du musée sont très contrastées, mais elles ne peuvent pas exister l’une sans l’autre.
« Dans le projet Isomo, j’ai concrètement cherché à explorer ce contraste en travaillant avec une installation musicale de George Smits des années 1980. D’une part, l’installation contraste avec la nouvelle salle « Lumière ». D’autre part, un contraste se crée parce que Joris Caluwaerts, Kobe Proesmans et Aarich Jespers (The Colorist) composent de nouvelles sonorités à partir de matériaux bruts et du quotidien.
« Ce même contraste se retrouvera également entre la chorégraphie – qui constitue la base du projet – et les dynamiques que les différents danseurs lui apportent. »



